Un blog du Groupe des Belles Feuilles

Comme je l’avais indiqué hier sur mon blog, « Pétrole cher : pourquoi les gouvernements et l’UE sont-ils aussi lâches ? », la nouvelle idée de Nicolas Sarkozy pour faire face à la cherté du pétrole n’est pas une bonne idée.

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Le chef de l’Etat propose de suspendre les prélèvements fiscaux (la TVA) sur les produits pétroliers, lorsque ceux-ci dépassent un certain niveau. Grâce à ce mécanisme, la hausse des cours à la pompe seraient serait stoppée. Cette solution a été appliquée par le gouvernement de Lionel Jospin en octobre 2000, et supprimée par Jean-Pierre Raffarin en 2002. La hausse structurelle du pétrole a donc déjà disqualifié l’idée naïve selon laquelle l’Etat français, tout-puissant comme chacun sait, pourrait contrer le marché.

Moins de deux heures après l’annonce de Nicolas Sarkozy sur la radio RTL, la Commission dézinguait le projet, y voyant « un très mauvais signal » pour les pays de l’OPEP, signal susceptible de les « encourager à augmenter leurs prix ». Par ailleurs, la fausse bonne idée de Nicolas Sarkozy devait se heurter à la dure réalité selon laquelle de la TVA sur les produits pétroliers représente une ressource fiscale importante, pour les Etats comme pour l’UE.

J’ai demandé hier dans mon post si la Commission n’aurait pas les moyens d’envoyer un signal inverse à l’OPEP, en établissant une procédure d’infraction aux règles de la concurrence. C’est la solution que préconise le Sénat américain, qui veut également attaquer le cartel devant l’OMC. L’Union européenne dispose quant à elle des instruments juridiques nécessaires pour infliger à l’OPEP une copieuse amende.

Il n’y a pas que la Commission pour taper sur le Président français, ravie de faire oublier ainsi sa propre lâcheté en la matière. Unanime, la presse juge le projet irréaliste et mal ficelé. À la veille de la PFUE, le Président français avait sur la question un seul coup à tirer. Le coup est parti, et c’est raté !

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Revue de presse

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